Le site de la famille Gaultier de la Martinière

Domaine de la Martinière

LA SEIGNEURIE DE LA MARTINIERE

Il y a 20 lieux-dits historiques portant le nom « Martinière » dans les seuls Deux-Sèvres. Il n’y en a cependant qu’un seul dans l’Election de St-Maixent[1]. Sise dans le sud-est du département des Deux-Sèvres, la Seigneurie de la Martinière est située à 24 km de St-Maixent et à 8 km (soit à moins d’une lieue ou 2h à pied) de Celles.

Au niveau des villages de La Carte et du Quaireux, leurs points les plus rapprochés, Celles et l’Enclave-de-la-Martinière étaient des fiefs voisins, séparés par un petit bois de tout juste 1 km de diamètre[2] :

Sachant que les propriétaires de seigneuries n’y vivaient pas toujours, le Seigneur de La Martinière ou ses enfants auraient-ils pu demeurer à Celles… ou bien pu y déménager ? Les exemptions fiscales des habitants de Celles auraient certainement pu fournir un élément d’attraction important. Il est certain que cette exemption attirera bien des gens à vivre à Celles pour en profiter ! C’est ainsi que, par exemple, quatre des notaires royaux de Saint-Maixent y résidèrent entre 1730—1792 [3]… Mais des facteurs d’attraction familiaux ainsi que des relations d’affaires auraient aussi existés dans le cas pointu de Samuel Gaultier de la Martinière, comme nous allons le démontrer[4]

L’ancienne Seigneurie de « l’Enclave » (plus tard connu sous le nom de « la Martinière et Enclave » et enfin de « l’Enclave-de-la-Martinière ») était située au bord du chemin de Saint-Jacques de Compostelle[5]. Les axes routiers faisaient de L’Enclave un carrefour de communications et un passage obligé pour le transport dans le Poitou du Moyen-âge.

L’Enclave-de-la-Martinière était un fief rural. La commune actuelle de St-Léger-de-la-Martinière compte encore aujourd’hui dans ses villages 24 exploitations agricoles avec des troupeaux caprins et de vaches laitières, et des fermes de céréales. On y trouve également 5 artisans ; trois maçons, un ébéniste et un bûcheron.

La commune comptait 82 feux (soit environ 420 âmes) en 1698[6]. La superficie de la commune actuelle de St-Léger-de-la-Martinière, formée en 1972 par la fusion de St-Léger-les-Melle[7] et de l’Enclave-de-la-Martinière, est de 2.564 hectares (25.6 km²), dont plus de la moitié formait anciennement le territoire de l’Enclave-de-la-Martinière.

Ce n’est qu’un peu plus au sud à St-Léger-les-Melle qu’on trouvait, de chaque côté du Chemin de St-Jacques, des auberges, un pigeonnier, une fauconnerie, un fournil, une église romane du XIIème siècle... Pour un bourg proprement dit, on devait se rendre à Melle, dont les mines d'argent remontaient au Vème siècle. Une chronique des faits et gestes de Dagobert I, roi des francs de 629 à 638, relate que ledit bourg devait un impôt de plomb. Il devint par la suite un des plus grands ateliers monétaires de l'empire carolingien, lorsque Charles le Chauve limita en 864 à dix de par son empire, dont Melle, le nombre d'ateliers pouvant battre monnaie[8].

Tout possesseur d’une seigneurie ou même d’un simple « tèrnement » poitevin, selon le terme consacré, devait certains devoirs au seigneur dont la magnificence l’avait gratifié de ces domaines[9]. Il était son vassal[10]. Dès le XIème, le fief de Brûlain (dont le caput est situé à 12km ou 2.3h à pied au Sud-ouest de Celles) –qui comprenait le fief de l’Enclave- était dépendant de la Châtellenie et Paroisse de La Mothe (à 16.6km ou 3h à pied au Nord-est de Celles) -elle-même dépendante de la Châtellenie abbatiale de St-Maixent[11]. En 1367, les Seigneurs du fief de Brûlain (et du sous-fief de l’Enclave) étaient toujours feudataires de l’Abbaye[12]. A partir de 1621, les terres de St-Léger-les-Melle, de l’Enclave et de « Bruslain » (à part les églises) furent toutefois incorporées à la nouvelle « Baronnie » (devenue en 1633 « Marquisat ») de La Mothe[13].

La Seigneurie de l’Enclave-de-la-Martinière faisait également partie de la Sénéchaussée et de l’Election de St-Maixent (devenue St-Maixent-l’École après la Révolution)[14]. Son Seigneur était, en 1624, l’Ecuyer Samuel Gaultier (aussi connu sous le nom de « Samuel Gaultier de la Martinière », d’après le nom de son fief) et le Baron de la Mothe et de Brûlain était au XVIIème siècle Jehan de Baudéan, Comte de Parabère, Lieutenant du Poitou et Gouverneur de Niort. N’ayant jamais eu de titre paroissial, la majorité du territoire de l’Enclave faisait par ailleurs, en 1604, partie de la Paroisse St-Pierre-de-Melle[15] bien que certains droits et charges grevant des biens localisés sur le territoire du fief étaient redevables à l’abbaye de Celles[16].

Le territoire de l’Enclave comprenait le village de la Bertramière[17], le hameau du Pin[18], la ferme de l’Herpinière, le village du Châtenay (attesté en 1407)[19], le village de Laubonnière (Laubouinyère en 1621)[20], le village du Châtellier (attesté en 1400)[21], le village de Lorbrie[22] (ou de L’Orberie), le village de la Fraignée (attesté en 1408)[23], ainsi que le village du Quaireux (ou du Quéreux, sur Cassini –attesté en 1621).[24] Chacun des villages cités était composé d’au moins une dizaine de maisons. Le territoire de l’Enclave comprenait aussi le Château et moulin de la Guillotière (qui ne semblait cependant pas faire partie du fief)[25], dont le chapelain dépendait de l’abbé de Celles.

La gaignerie de Pillac, dans le Nord de l’Enclave, dépendait quant à elle entièrement de l’Abbaye de Celles[26]. St-Thibault, village de l’Ouest de l’Enclave attesté en 1300, dépendait de l’Abbaye de St-Maixent depuis 1363[27]. Le village de la Barre (La Barre-Clérin en 1550), dans l’Est de l’Enclave, était une ancienne paroisse et commanderie de l’Ordre du Temple (dépendante de la Commanderie d’Ensigny –transférée à l’Ordre de Malte en 1505), attestée en 1300 et ayant 24 feux en 1698[28].

Deux petites rivières, le Mareuil et le Bignon, forment la Légère au niveau de St-Léger, au sud de la Martinière. Dans une troisième vallée, à l’ouest, coule la Béronne. La rivière Vaus se trouve à l’Est.

A l’Ouest, le village de La Carte, cité en 1191 dépendait de l’Abbaye de Celles (dont il est devenu prieuré en 1568).[29]  La ferme de la Jaufretière dépendait de Chail[30].  Le hameau de la Vergne relevait de Melle[31].  Enfin, les villages de Mortaigne (« Mortaigue » ou « Mortaigre », attesté en 1552)[32] et de l’Eclope-Genest (attesté en 1604)[33] dépendaient de Beaussais[34].  Au Nord, les hameaux de la Grosse-Table[35] et de la Boulaye[36], ainsi que les villages de la Mantellerie[37], du Breuil et du Petit Breuil (attestés en 1432 et ensemble nommés le Breuil-de-Sepvret en 1621) dépendaient de Sepvret[38].  A l’Est, la Seigneurie des Touches[39], le village de Mébretrand, attesté en 1567[40], ainsi que le village du Clouzy (le Cloudis Bourreau en 1556-1649)[41] faisaient partie de Lezay.  Au Sud, la ferme de Bois-Joly[42], la ferme du Logis[43], ainsi que les villages de la Sauzaye[44], de Mouchelune[45] et du Pinier[46] faisaient partie de St-Léger-les-Melle.

Si les références au fief de « l’Enclave » remontent au XIème siècle, la première citation possible de « la Martinière » que nous ayons repéré remonte à 1492[47]. Au XVème siècle, le fief de La Martinière est désigné en tant qu’ « Hôtel et Seigneurie » -un « hôtel » étant entre autre défini comme étant « une demeure somptueuse des hauts personnages, riches particuliers et grands seigneurs »[48]. L’origine du nom du fief est incertaine, mais il est à noter que St-Martin est un des Saints-Patrons de l’Abbaye de St-Maixent et qu’un bon nombre de bourgs et d’églises sont nommés en son honneur dans la région.

Quelques traces de cet « hôtel » subsistent peut-être. Il existe en effet toujours dans la commune de St-Léger-de-la-Martinière une maison dite « la Martinière », en calcaire et moellon enduit avec cheminée, construite vers le XVIème siècle. La maison, construite en rez-de-chaussée, possède un toit à longs pans et pignons couvert de tuile creuse et est dotée d’un escalier en équerre en charpente. Propriété privée dénaturée au XXème siècle, il s’agit actuellement d’un édifice non protégé, néanmoins relevé lors d’un inventaire topographique de 1990[49]. Il existe aussi une ferme dite « la Martinière », avec un ancien logement toujours en calcaire et moellon partiellement enduit, construit vers le XVIIème. Le logement, construit en rez-de-chaussée comble à surcroît, possède également un toit à longs pans et pignons couvert de tuile creuse et est dotée d’un escalier en équerre en charpente. Outre l’ancien logement, tous les bâtiments disjoints constituants et dépendances agricoles de la ferme (grange ; étable ; porcherie ; remise ; puits ; hangar agricole ; cour) datent des XVIIème au XIXème siècle. Propriété privée, ces édifices sont également tous non protégés[50].

Il existe par ailleurs, tel précédemment indiqué, sur le territoire de l’Enclave-de-la-Martinière, un château et moulin appelé « la Guillotière ». Ce château en calcaire et moellon du XIVème siècle comprend une cour, un parc, des communs, une grange, une étable, un logement, une fontaine et un pigeonnier. Le château (à ses débuts un moulin) aurait, selon les sources historiques, existé depuis le XIVème siècle et, bien que la tour sud puisse remonter à cette période, la chapelle, ainsi que les communs et dépendances, semblent dater des XVIIIème-XXème siècles. Des cheminées de style Louis XIV et un solivage XVIIème laissent à penser qu'une partie du logis pourrait dater de la fin du XVIIème siècle. Le logis est couvert d'un toit à longs pans brisés à croupes, en partie en tuile creuse et en partie en tuile plate et ardoise ; le pigeonnier à toit conique est couvert de tuiles plates ; la fontaine à toit à longs pans et croupes est couvert d'ardoise ; les autres corps de bâtiments sont couverts de tuile creuse. Propriété privée, il s’agit d’un autre édifice non protégé, relevé lors d’un inventaire topographique de 1985[51].


 

[1] Bélisaire Ledain, Dictionnaire topographique du département des Deux-Sèvres, Alfred Dupond, Poitiers, 1902, p. 171.

[2] Il est intéressant de noter que, dans les Arch. Hist. Du Poitou, t. L, p. 23, on fait référence au pèlerinage à Notre-Dame-de-Celles de juillet 1484 comme se rendant à l’Enclave-de-la-Martinière –comme si, pour certains auteurs de l’époque, Celles faisait partie de l’Enclave.

[3] Largeault, Documents en annexe, pp. CXXIV-CXXXV

[4] Nous discuterons plus amplement de ce thème, infra, dans notre analyse du personnage de Samuel Gaultier de la Martinière.

[6] Ce chiffre tomba légèrement en nombre à 78 en 1750. L’Enclave-de-la-Martinière comptait 499 âmes en 1793. Ce chiffre ne varia pas beaucoup au fil du temps, augmentant à 581 en 1872 et diminuant jusqu’à 330 en 1968 (statistiques de l’IGN).

[7] Il se peut qu’historiquement l’Enclave-de-la-Martinière ait eu autant d’importance que St-Léger. On sait par exemple que le 21 décembre 1700, se rendant en Espagne pour son mariage, le duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, futur Philippe V d'Espagne, accompagné de ses frères, les ducs de Berry et de Bourgogne, passa à St Léger « où il n'y a que huit à dix maisons. » Les officiers des équipages dînèrent dans la bourgade mais logèrent à Melle (source : www.paysmellois.org).

[8] Office du tourisme de St Léger de La Martinière, 3, rue Emilien Traver, 79500 St Léger de La Martinière. Il est à noter qu’un Jean Gaultier, de la Seigneurie de Melle, servit comme archer au ban du Poitou de 1491 (Source : Beauchet-Filleau).

[9] Coustumes du pays de Poictou, Article CIX : Les seigneuries du Poitou étaient tenues « par hommage lige et plain, en parage ou part prenant ou en gariment ou autres devoirs nobels selon la Coutume et usage du lieu où ils sont situés »

[10] F. Dubreuil, Essai de monographie de la commune d'Exoudun de l’origine à 1800 (1935), Chap. 12.

[11] Les Seigneuries de Parthenay, de Mazières-en-Gatine, d’Allones, de Chail, de St-Léger, de Lezay et de Melle, le Moulin de Grand-Vau, ainsi que les Paroisses Ste-Éanne, de Salles et de Celles (tous des lieux ayant eu comme seigneurs des membres de la famille Gaultier, comme de démontrera notre étude des actes civils et cartulaires, infra), devaient également hommage féodal à l’Abbaye de St-Maixent entre le Xe et le XIIe siècle. (Sources : Alfred Richard, ARCHIVES HISTORIQUES DU POITOU, Tome XVI : « Pour servir à l’Abbaye de St-Maixent », Poitiers (1887), pp. 115-230 ; Mémoires de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, 1906, Niort).

[12] Richard, p. 230.

[13] Mémoires de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres (1906, Niort). Voir notre étude des actes civils et cartulaires, infra, sur la famille Gaultier, de La Mothe (aujourd’hui La-Mothe-St-Héray), qui fournit éventuellement les seigneurs de Comporté (à 17.6 km ou 3.6h heures à pied de Celles), du Rivault à Ste-Eanne (à 19 km ou 4h à pied de Celles), de « Chaille » (Chail est à 11.9 km ou 2.5h et Chaillé à 5.7km ou 1h à pied de Celles), du Grand-Vau et de la Simonière, ainsi que le juge-sénéchal et le procureur fiscal de La Mothe. Notons d’emblée que Beauchet-Filleau présume qu’Helye Gaultier appartient à cette famille.

[14] Il est à noter qu’en 1491, un Jean Gaultier ainsi qu’un Pierre Gaultier, de la Seigneurie de St-Maixent, servirent comme archers au ban du Poitou. En 1629, un Michel Gaultier, beau-frère de l’enquêteur et examinateur du siège de St-Maixent, y est attesté. Enfin, un Louis Gaultier du Rivault (cousin germain présumé de Samuel Gaultier de la Martinière) servit comme Greffier en Chef de la Sénéchaussée de St-Maixent de 1687 à 1699 (Source : Beauchet-Filleau). Voir notre étude des actes civils et cartulaires, infra, à ce sujet.

[15] Ledain, p. 106. Notons que l’Eglise St-Pierre de Melle est un prieuré dépendant de l’Abbaye de St-Maixent, tout comme le sont l’Abbaye de Notre-Dame de Celles et son sous-prieuré, l’Eglise Paroissial St-Hilaire de Celle.

[16] Nous rappelons ici que Samuel Gaultier, père d’Helye Gaultier, est cité en tant que paroissien de Celles, en 1640-1643.

[17] Ledain, p. 26

[18] Ledain, p. 211

[19] Ledain, pp. 76 et 145

[20] Ledain, p. 10

[21] Ledain, p. 73. Soulignons que Guillaume Gaultier, de la Motte, épousa une Antoinette Châtellier vers 1540, et qu’ils eurent postérité, dont les Seigneurs de Comporté, de Chail, du Rivault et du Grandvau. La famille Gaultier a donc probablement une relation avec les notables du Châtellier, qui sont possiblement des feudataires des Gaultier de la Motte (Beauchet-Filleau, p. 789).

[22] Ledain, p. 160

[23] Ledain, p. 122

[24] Ledain, p. 228

[25] Ledain, pp. 142 et 258. Si en 1435-1457 cette châtellenie relevait de la Vicomté de Châtellerault, elle relevait de la Mothe en 1621. Un fief de la famille Forest aux XIVème-XVème siècles, il est à noter qu’en 1520, une Perette Gaultier épousa le Seigneur « de la Guilotrye » (Source : Beauchet-Filleau). Mais ce château fut encore plus longtemps une possession de la famille Vasselot dont est issue l’épouse de Samuel Gaultier de la Martinière. En 1544, une Jeanne Vasselot épouse le Seigneur de la Guillotière. En 1556, on cite un Chev. Marin Vasselot en tant que Seigneur de la Guillotière (qu’il avait acquis par le biais de sa femme, fille d’Antoine d’Orfeuille, Sgr. de la Guillotière). Eutrope Vasselot, Ec., lui-même époux d’une autre des filles d’Antoine d’Orfeuille, reçut la seigneurie de la Guillotière de la part de Marin en 1583, par un acte fait devant notaire à Melle. En 1617, Emery Vasselot, Ec., habite la Guillotière. En 1620, « la sgrie et forteresse de la Guillotière avec ses appartenances, bois, étang, moulin, droit de guet et autres » passe à Jacques ou René Vasselot. Le Chev. René Vasselot, Sgr. de la Guillotière et de la Babinière à Lezay, est attesté en 1595-1640. En 1642, « la maison noble forteresse, terre et sgrie de la Guillotière » passe à sa fille Louise-Anne Vasselot. Elle teste elle-même en 1689 en faveur de sa fille Louise de la Chesnaye. En 1743, la Guillotière revint au Marquis Jacques de Vasselot et ensuite à ses successeurs. La Guillotière fut érigé en vicomté vers 1760 et resta dans la famille Vasselot au moins jusqu’en 1919 (Claude-André Fougeyrollas, Généalogie des Vasselot, Société Héraldique Pictave, Les Cahiers de Généalogie No. 5, Niort (2003), pp. 37-47 et 67). Notons que, d’après les déclarations de 1728, le chapelain de la chapelle de la Guillotière était à la nomination de l’abbé de Celles et devait une charge d’une messe par semaine à l’abbaye (Source : Largeault, p. 221).

[26] Ledain, p. 210

[27] Ledain, pp. 117 et 258, Beauchet-Filleau p. 789. La famille Thibault a tenu de nombreuses possessions au sein de l’Enclave : la Roche Thibault, la ferme Thibault, St-Thibault... On se doit de noter qu’une Renée Thibault fut mère de l’épouse de Geoffroi II de Barbezières, après qu’il eut démissionné de ses fonctions d’abbé de Celles en 1614. Un Jacques Thibault était aussi Seigneur de la Carte à Celles en 1618. On sait par ailleurs que l’Abbaye de Celles dépendait elle-même de l’Abbaye de St-Maixent, tout comme St-Thibault dans l’Enclave. Il existait donc une relation entre le domaine des Thibault et l’Abbaye de Celles. La famille Thibault entretenait également des relations d’alliance très proches avec la famille Vasselot dont est issue l’épouse de Samuel Gaultier de la Martinière. En effet, en 1379, Jeanne Vasselot, du Breuil-de-Prailles (Breuil-Vasselot), épouse Henri Thibault. Entre 1418 et 1431, une autre Jeanne Vasselot épouse Loys Thibault, son cousin germain, fils d’Henri Thibault. En 1437, Jeanne Vasselot « dite la Jeune » partage certains biens fonciers, dont le Breuil-de-Prailles, avec Loys Thibault, son beau-frère. La succession de Jean Vasselot, son père, avait précédemment été partagée avec Thibault en 1431. En 1527, une quatrième Jeanne Vasselot épouse Jacques Thébault, Ec. Avant 1573, Jacquette Vasselot épouse François Thébault. En 1582, Pierre Thébault, Ec., Sgr. de la Roche (sis dans l’Enclave), est témoin au mariage d’une autre Jeanne Vasselot. Le Sgr. Pierre Vasselot, père de l’épouse de Samuel Gaultier de la Martinière, est Seigneur de « la Thibaudière » à Thorigné. En 1664, Jacques Vasselot, Ec., Sgr. du Verdon, qui habitait la Martinière, épousa à Melle Jacquette Thibault. Il était le fils de Gabriel Vasselot, un huguenot royaliste (Fougeyrollas, pp. 6-7, 18-19, 33, et 51-53). Comme nous le verrons plus tard, la famille Thibault entretenait enfin des relations avec la famille Fleury, dont un des fils fut ami d’Helye en Nouvelle-France.

[28] Ledain, p. 17. Il est à noter qu’un Chev. Guillaume Gaultier, attesté dans les Deux-Sèvres au XIIIème siècle, était possiblement inféodé à cet Ordre (Source : Beauchet-Filleau). Il est ainsi possible que le Chev. Gaultier ait été attaché à la Commanderie de la Barre-Clérin. Il en sera plus longuement question dans notre étude des actes civils et cartulaires, infra.

[29] Ledain, p. 60.

[30] Ledain, p. 149. Notons que la Seigneurie de Chail était le fief de Gabriel Gaultier de Chail, cousin germain présumé de Samuel Gaultier de la Martinière, durant la seconde moitié du XVIIème siècle (Source : Beauchet-Filleau). Voir notre étude des actes civils et cartulaires, infra, à ce sujet.

[31] Ledain, p. 290

[32] Ledain, p. 185

[33] Ledain, p. 105

[34] En 1556, on cite un Chev. Marin Vasselot, de la même famille dont est issue l’épouse de Samuel Gaultier de la Martinière, en tant que Seigneur de la métairie de Javarzay à Beaussais (Fougeyrollas, pp. 37-47 et 67).

[35] Ledain, p. 139

[36] Ledain, p. 42

[37] Ledain, p. 168

[38] Ledain, p. 52. Il est à noter qu’en 1465, la veuve de Pierre Gaultier, Pair de Niort, se remaria au Seigneur de la Rayrie et reçu comme dote le tiers de l’ « Hôtel du Brueil ». On trouvera par la suite une famille « Gaultier du Breuil », Seigneurs du Breuil au XVIIème siècle, liée au Seigneur de St-Hilaire (Paroisse St-Hilaire de Celles). Il en sera question en plus de détail, infra, dans notre étude des actes civils et cartulaires (Beauchet-Filleau, pp. 788-789). La famille Vasselot, à laquelle appartient l’épouse de Samuel Gaultier de la Martinière est vers 1360 du fief de l’Aumosne à la Chesnaye, vers 1379 du Breuil-de-Prailles (Fougeyrollas, pp. 1-70). En 1743, la métairie du Petit-Breuil revint à Jacques Marquis de Vasselot et passa ensuite à ses successeurs (Fougeyrollas, pp. 37-47 et 67).

[39] « Les Tousches de Lezay », cités en 1369 (Ledain, p. 279). Il est à noter qu’en 1497, un Jacques Gaultier est cité en tant que « Seigneur de La Tousches » (Beauchet-Filleau). Le Chev. Marin Vasselot, de la famille dont est issue l’épouse de Samuel Gaultier de la Martinière, est par ailleurs cité en 1561 en tant que propriétaire de la Seigneurie de la Touche.

[40] Ledain, p. 174

[41] Ledain, p. 88

[42] Ledain, p. 34

[43] Ledain, p. 159

[44] Ledain, p. 262

[45] Ledain, p. 187

[46] Ledain, p. 211. Soulignons qu’en 1676 l’Ecuyer Gabriel Vasselot (de la même famille que l’épouse de Samuel Gaultier de la Martinière) épouse la fille du Sgr. du Pinier (Fougeyrollas, p. 20).

[47] M. de La Chenaye Desbois, Dictionnaire la Noblesse, Tome XIII, Premier Recueil, Paris, 1783, p. 99 : La Seigneurie est attestée comme appartenant à cette époque à l’Ecuyer Roland Le Gras.

[48] Dictionnaire de Collins (2009)

[49] Hélène Mousset et Geneviève Renaud (rédacteurs), N° de notice IA79000203, Inventaire général de l’ADAGP, 1990, photo de Mariusz Hermanowicz, Dossier consultable au Service régional de l'inventaire Poitou-Charentes, 102 Grand'Rue 86020 POITIERS, 05.49.36.30.30.

[50] Citation identique, N° de notice IA79000204.

[51] Charlotte Pon et Geneviève Renaud (rédacteurs), N° de notice IA79000215, 1994, Inventaire général de l’ADAGP, Dossier consultable au Service régional de l'inventaire Poitou-Charentes, 102 Grand'Rue 86020 POITIERS, 05.49.36.30.30.

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